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La souveraineté numérique n’est pas du nationalisme

Contrôle, résilience et options de sortie — sans les slogans.

Swiss alpine lake and mountains with a Swiss flag on a rocky foreground peak

La souveraineté numérique est souvent mal discutée.

Un camp la présente comme un isolement technologique : chaque pays construisant son propre cloud, ses propres modèles, ses propres puces, et peut-être sa propre version d’Internet.

L’autre camp la rejette comme du protectionnisme promu par des gens qui ne comprennent pas les marchés technologiques mondiaux.

Les deux interprétations passent à côté de la question opérationnelle.

La souveraineté numérique ne consiste pas à rejeter la technologie étrangère.

Elle consiste à comprendre ce qui se passe lorsque la technologie essentielle à votre organisation est contrôlée par quelqu’un d’autre.

Les prix peuvent-ils changer sans négociation significative ?

L’accès peut-il être retiré ?

Les données peuvent-elles être déplacées ailleurs ?

Le service peut-il être remplacé ?

L’organisation peut-elle continuer à fonctionner pendant une perturbation géopolitique, commerciale, juridique ou technique ?

Quelqu’un en interne comprend-il encore le système ?

Ce ne sont pas des questions nationalistes.

Ce sont des questions de gouvernance et de résilience.

Une entreprise suisse peut utiliser un fournisseur de cloud américain et prendre néanmoins des décisions d’architecture souveraines. Une organisation européenne peut acheter un produit technologique asiatique sans abandonner le contrôle. Les logiciels open source peuvent renforcer la souveraineté, mais héberger soi-même des systèmes mal documentés ne la crée pas automatiquement.

La souveraineté n’est pas déterminée par le drapeau affiché au siège du fournisseur.

Elle est déterminée par les options que conserve le client.

Ces options incluent des droits contractuels, la portabilité des données, l’interopérabilité, la compétence interne, des interfaces transparentes, des composants remplaçables et des chemins de sortie crédibles.

L’indépendance totale n’est ni réaliste ni souhaitable. La technologie moderne se construit à travers des chaînes d’approvisionnement internationales, des communautés de recherche, des normes et des marchés.

L’objectif n’est pas l’indépendance de tout le monde.

C’est la liberté face aux dépendances qui ne peuvent pas être gouvernées.

Cela exige une priorisation. Toutes les plateformes de newsletter, outils d’analytique ou applications bureautiques ne méritent pas une stratégie nationale. Mais les systèmes liés aux infrastructures critiques, à l’administration publique, à la santé, à la finance, à l’identité, aux communications et aux données stratégiquement importantes méritent davantage d’examen.

La souveraineté numérique commence lorsqu’une organisation peut énoncer clairement :

Que doit rester sous notre contrôle ?

Quelles dépendances sont acceptables ?

Que nous coûterait une défaillance ?

À quelle vitesse pourrions-nous partir ?

Quelles capacités devons-nous conserver en interne ?

Ce n’est pas un slogan.

C’est de l’architecture.

C’est de l’approvisionnement.

C’est de la gestion des risques.

Et de plus en plus, c’est un leadership responsable.